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Le Voyage dans la Lune Jacques Offenbach d'après Jules Verne

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Le Voyage dans la Lune
Opérette
Dix ans après De la Terre à la Lune, de Jules Verne, Offenbach compose cette féerique comique : le prince Caprice, peu désireux de gouverner en ce monde, demande « la lune » à son père... qui finit par l’y envoyer. Les astronomes découvrent une société sélénite sans amour, où l’on ne fait pas les enfants mais où on les achète, où les femmes sont ménagères ou objets de luxe. L’arrivée des Terriens, qui emmènent avec eux la pomme, l’amour et les complications qui s’en suivent, va bouleverser l’ordre établi. Le succès de cette œuvre à la création est dû autant au livret à la fois drôle et poétique et aux mélodies d’Offenbach qu’à la magie des effets scéniques. 

Offenbach profite dans cette opérette féerique, de l’influence de Jules Verne, très à la mode à l’époque. Jules Verne lui-même montait de « grands » spectacles à partir de ses romans permettant aux gens de voyager,  comme c’est le cas dans le Roi Carotte.
Dans le Voyage dans la Lune,  il y a une part de rêve et de féerie, de prétexte à grand spectacle. Mais comme toujours Offenbach profite de son sujet pour développer sa veine satirique.
C’est cette satire qui fait son universalité et qui permet à ses « opéras comiques » d’exister encore.
Je me suis donc penché sur la question.

Dès le premier acte, sur terre, on assiste à une représentation de la fin du 19 siècle, avec sa folie du progrès scientifique, la naissance de l’électricité, du cinéma, de la découverte des pays nouveaux. Je garderai donc cet acte dans son contexte historique : une société aux structures figées, dont la figure emblématique est le bon bourgeois bouffi d’orgueil, accompagne, admirative, cette épopée du progrès scientifique comme les films de Méliès le montrent.

Puis, la fusée lunaire envolée …

J’ai imaginé un voyage qui dure un siècle et qui transporte nos personnages dans les années 50/60.
Pourquoi ?

Dans la Lune l’amour n’existe pas, les femmes sont partagées entre celles qui font les enfants (les mères de famille) et celles qui donnent le plaisir (les maitresses). Le seul projet de libération de la femme c’est Moulinex, la machine à laver Bendix, le frigidaire !
Un siècle est passé et malgré le progrès scientifique la ménagère reste la ménagère, la pin-up reste la maitresse !
Le roi vit dans un palais de verre où les citoyens peuvent le voir pour vérifier s’il travaille : n’est-ce pas de la réelle science-fiction ? Ou de la télé-réalité ? Tous les éléments sont là pour constater que les grands modes de fonctionnement n’ont pas bougé malgré l’avion et les spoutniks.
La lune, c’est un peu la terre vue …dans un miroir à l’envers !
Nous avons donc inventé pour cadre de cet alunissage le salon des arts ménagers à la glorification de la consommation et des machines électriques.

Au cours de ses péripéties, le prince terrien (Caprice) rencontre la princesse lunaire (Fantasia) Mais sur la lune l’amour n’existe pas comme dans la bande dessinée Barbarella dont nous nous sommes inspirés . Dans cette BD c’est une pilule qui génère la découverte d’une certaine sensualité.  Ici, plus pragmatique mais aussi très symbolique d’un monde qui fonctionne sur des valeurs judéo-chrétiennes, c’est une pomme qui sera le fruit du péché.
La consommation de la pomme va déclencher sur la lune une révolution sexuelle majeure !
D’une raideur très symptomatique des années 50/60 à la morale rigide, l’explosion hippie (peace and love) va dévergonder ce petit monde tout aussi bourgeois que celui de la terre de 1870.
C’est presque le résumé d’un cycle de vie des humains : des découvertes, des progrès techniques et ensuite l’apothéose de la technicité qui se trouve confrontée heureusement parfois  au désir d’être heureux sans la robotique.
Les années Peace and Love en sont l’illustration.

Ce voyage est un voyage dans le temps avec une fantaisie et une perspicacité qui lui donnent d’une manière évidente des résonances actuelles… Dans la joie bien sûr, en comptant sur l’habituelle bêtise des rois, des politiques, des ministres obséquieux, des conseillers roublards… le pouvoir donnant toujours matière à parodie …

Olivier Desbordes

Liens Vidéo

Le Voyage dans la Lune d'Offenbach, extraits 1 (10 janvier 2014, Théâtre de l'Équilibre de Fribourg)

Le Voyage dans la Lune d'Offenbach, extraits 2 (10 janvier 2014, Théâtre de l'Équilibre de Fribourg)

Coproduction : Opéra de Fribourg, Opéra de Lausanne, Opéra Éclaté

« Le metteur en scène Olivier Desbordes, qui signe par ailleurs l’adaptation des textes parlés, tire parfaitement les ficelles de son projet scénique, manie avec aplomb les allusions à l’actualité culturelle, télévisuelle et politique, toujours avec humour, drôlerie et distance. Les chanteurs excellent dans leurs rôles et prennent plaisir à donner du relief et du sens à leurs airs, envolées et vocalises.

L’Hebdo – 9 janvier 2014

"La mise en scène, les décors et les costumes ont une importance primordiale, et chacun de ces éléments s'avèrent ici une vraie réussite (...).

La distribution est dominée par quatre superbes chanteurs-acteurs : Christophe Lacassagne, Roi Vlan d'une si réjouissante originalité ; Eric Vignau qui fait du savant Microscope une composition irrésistible de drôlerie ; Jean-Claude Saragosse, Roi Cosmos dont la joviale autorité fait merveille et enfin Yacine Benameur (Cactus) qui déclenche le rire à chacune de ses intonations.

Parmi les femmes, Hermine Huguenel donne à la Reine Popotte une autorité bien savoureuse ; mais il y a surtout la formidable soprano française Julie Mathevet nouvelle jeune étoile du chant colorature, qui campe une délicieuse Princesse Fantasia. Elle apporte à ce rôle un éclat tout particulier par la beauté de son timbre de soprano d'agilité, souple, à l'aigu lumineux, et par un jeu plein d'abattage et d'esprit."

Emmanuel Andrieu, Opera-online.com, 15 avril 2014.

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