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L'Opéra de Quat'Sous Kurt Weill / Bertolt Brecht

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L'Opéra de Quat'Sous
Théâtre Musical
Le théâtre doit faire plaisir, Brecht l’a dit mille fois : « Les grandes têches critiques n’excluent pas le plaisir » Version française de Jean-Claude Hémery 

Le spectacle est également joué dans le cadre du Festival de Saint-Céré les 6, 10 et 14 août au Théâtre de l'Usine, Saint-Céré.

Avec l’Opéra de Quat‘Sous, Brecht et Weill brouillent les cartes de l’opéra traditionnel, ils mélangent sans complexe des références à Bach, au Jazz, au choral luthérien. Ils se situent en fait dans ce vaste champ de réflexion sur la place de l’Opéra dans la société, réflexion entamée par tous les contemporains de la République de Weimar.

L’art explose ses frontières, que ce soit par l’architecture, par le cinéma ou la peinture, dans un milieu industriel florissant.
C’est dans ce contexte que naît cette proposition désordonnée de mise en abyme de l’Opéra « bourgeois ». Mais une mise en abyme à l’image de la société des années 30, où de grandes utopies se mettent en place, où la crise sépare encore plus les pauvres des dirigeants, où un monde souterrain et interlope tente de survivre.

C’est dans le cabaret-cirque de Jenny des Lupanars, dans ce bouge proche de l’Ange bleu que se préparent les provocations envers les bourgeois, les repus, les riches. C’est ainsi que trahisons, mensonges, coups bas et couteaux dans le dos, ouvrent le bal.
Il n’y a pourtant pas de sang dans le spectacle, pas de chagrin, pas de morts : tout est faux, les billets, les baisers, les larmes et les moignons des mendiants.

On est au cirque !
Mr Peachum fait tourner les clowns autour de la piste au son des grincements des dents ! Il lancera ainsi vers la surface du monde une meute de clowns, de vieux cabotins, de saltimbanques, d’artistes.
Chaque numéro est bien rodé ; les pirouettes sont impressionnantes, les tours de passe passe réussis, l’illusion est parfaite. Le tigre lui-même est si bien dressé qu’il entre seul dans sa cage et se met à pleurer ...

Alors, on rit, on applaudit, on en redemande ! Tout le monde sait pourtant que sous les maquillages, les faux crânes, les perruques des clowns, il y a la tristesse, l’amertume, le dérisoire et l’absurde.
On reste jusqu’au bout, afin de voir tomber le funambule et se réjouir ce n’être que les spectateurs du cirque grotesque de notre vie !

Éric Perez et Olivier Desbordes

 

Extraits du spectacle

Production : Scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré
Coproduction : Centre Lyrique Clermont-Auvergne

90x120 Ete Dordogne

Sous la direction animée de Manuel Peskine, l’orchestre Opéra Éclaté met en valeur la partition canaille de Weill. Sonorisés, les chanteurs jouent le jeu de l’humour sarcastique et décapant. Coiffée d’une espèce de turban à la Simone de Beauvoir, Nicole Croisille incarne une implacable Celia, face au Peachum plein d’autorité de Patrick Zimmermann et à la sensuelle Polly d’Anandha Seethanen.
Moustache conquérante, veste blanche, gants blancs, chaussures bicolores, Éric Perez offre un Mackie diabolique, qui fait un sort à son «Dans ce bordel où nous tenions notre état»  et se montre émouvant dans «Frères humains», adaptation de La Ballade des pendus de François Villon. À ses côtés, Samuel Theis incarne un jeune et séduisant Brown, d’un cynisme ravageur, mais qui sait aussi être touchant quand il faut.
Longue chevelure rousse, robe échancrée à impression panthère, Flore Boixel est une Jenny sans pitié. Enfin Sarah Lazerges, en corsage vert, impose une Lucy d’une vulgarité étudié et savoureuse.
Opéra Magazine - Bruno Villien - janvier 2016

Sous la direction animée de Manuel Peskine, l’orchestre Opéra Éclaté met en valeur la partition canaille de Weill. Sonorisés, les chanteurs jouent le jeu de l’humour sarcastique et décapant. Coiffée d’une espèce de turban à la Simone de Beauvoir, Nicole Croisille incarne une implacable Célisa, face au Peachum plein d’autorité de Patrick Zimmermann et à la sensuelle Polly d’Anandha Seethanen. Une farce grandiose entre cirque et cabaret dans un décor de fond de grenier de grand'mère ou rien n'est de trop pour l'environnement du Monsieur Loyal local un Monsieur Peachum tonitruant alias Patrick Zimmermann le roi des mendiants qui organise la mendicité pour s'enrichir.
Nicole Croisille a attrapé le public dans le rôle de Madame Peachum, mégère de caniveau à la limite de la mère maquerelle voulant cependant protéger sa fille des griffes de Mackie qu'elle soupçonne a raison de vouloir l'ajouter à sa liste déjà longue d'épouses putatives. De très beaux jeux d'acteurs et de magnifiques voix
MédiaPart - Antoine Lazerges - 8 décembre 2015

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Ce «cabaret-circus» est très visuel, animé et sans hiatus. On sent tout de suite la cohésion entre acteurs-chanteurs et petit orchestre de cuivres, bois, accordéon et percussions, placé sous la direction de Manuel Peskine. La troupe est remuante à souhait. Tous bons comédiens et bons chanteurs. La «Croisille» dont l’abattage fascine, voix éraillée et jeu démesuré, chante avec gouialle la fameuse chanson de Mackie le surineur. Patrick Zimmermann est un monsieur Loyal, chef de la clique des mendiants, convaincant. Sa fille Polly à la voix délicate d’Anandha Seethanen et Éric Perez fait un Macheath, maquereau beau parleur, vraiment, séduisant. La Jenny jalmince et un rien salope de Flore Boixel est réjouissante. Samuel Theis a, pour son Le sheriff Brown, vrai ami et flic marron, des allures de Bogart. Il y a chez Brecht toujours une actualité brûlante qui fait de cet Opéra de Quat’Sous une oeuvre qui nous parle encore par delà les aléas tragiques que l’Histoire.
La Marseillaise - Patrick de Maria - 24 novembre 2015

Il y a presque cent ans, Berthold Brecht n'y était pas allé de main morte avec son texte anticapitaliste. Cette prose cruelle et cynique vieillit si bien additionnée à la musique de Kurt Weill, populaire, aux accents jazzy ne sachant sur quel pas danser entre cabaret et parodie d'opéra, de plus dans le lieu emblématique de Richard Martin situé en plein quartier déshérité. La messe est dite, à l'instar de la mise en scène proposée par Olivier Desbordes qui nous offre un dernier tableau tel un Giotto détourné, Mackie le bandit dandy est presque sur la croix avec ses trois prétendues épouses éplorées à ses pieds.... Dans une mise en scène soignée offrant un décor de cirque comme face d'un monde corrompu et perdu, Éric Perez (Mackie) et Patrick Zimmermann (Peachum) n'étaient pas trop de deux pour faire face à la gente féminine (Anandha Seethanen en Polly et sa mère Nicole Croisille dont le timbre rauque se prête si bien à cet univers quasi expressionniste). (...) Cette production de l'Opéra Éclaté est également une réussite sur le plan instrumental. Sous la direction de Manuel Peskine, «l'orchestre», loin des canons classiques, a su nous plonger dans l'univers music-hall des années 30, un monde pas très recommandable où «Les voleurs volent, les mendiants mendient et les putes font les putains».
Zibelin - Frédéric Isoletta - décembre 2015

Insaisissable et irréductible charivari que L’Opéra de quat’sous. Toute la difficulté de monter ce casse-tête tient à la quadrature du cercle : mettre la main sur un casting d’oiseaux rares, à la fois chanteurs et comédiens. Il faut marier pour le meilleur, parodie et tragédie. Quant au pire, Brecht s’en charge dans un texte à couteaux tirés avec la morale et les bonnes mœurs. Il faut parvenir à cerner tout le génie de Kurt Weill pour en affuter le tranchant. Difficulté d’autant plus grande pour Olivier Desbordes qui en cosigne la mise en scène avec Éric Perez, que ces deux-là ont choisi la version française de Jean-Claude Hémery samedi à l’Opéra de Clermont-Ferrand dans la saison du Centre Lyrique d’Auvergne.
Décor de bastringue bancal, ambiance circassienne, parfums de cabaret glauque tendu à la va-comme-je-pousse de draps douteux où dansent des caricatures équivoques brossés à grands traits. Un portique famélique s’endimanche d’une guirlande d’ampoules paresseuses. La piste aux étoiles à des allures de claque. Au fond, un orchestre encanaillé en casquettes et marinières, trousse une musique crapuleuse sur des rythmes syncopés. Banjo, saxo, trompette, orgue des rues, clarinette, saxo, trompette, trombone, guitare, contrebasse, timbales, caisse claire : la bande est au complet, survitaminée par un Manuel Peskine sous haute tension. Que la fête commence ! Desbordes et Perez mènent le bal. La marque du premier est sensible : un savant équilibre entre joyeux délire et cruauté implicite.
Il nous fait l’immense plaisir de ne pas trop en faire, de se tenir toujours à distance des trop faciles complaisances pour laisser parler la musique et cet art difficile du chanter-parler, marque de fabrique du compositeur. Sa mise en scène bannit tout remplissage, l’idée fait mouche. Il sait que la misère se suffit à elle-même et se passe aisément de métaphore. La cruauté, à elle-seule théâtre à part entière, se contente de peu ; c’est-à-dire de l’essentiel : une malle d’oripeaux, deux ou trois meubles au goût douteux brandis crânement par une bande d’argousins de sac et de cordes qui occupent l’espace de leur morgue insolente. La crapulerie a aussi sa fierté. Et c’est là encore toute l’habileté de cette production. Desbordes et Perez ont le bon sens de ne pas chercher à singer le Berlin spartakiste. Version française oblige, on est dans la veine des beuglants et caf’conc’ dans la grande tradition des Bruant, Yvette Guilbert, Damia et Frehel. Le Peachum plus vrai que nature de Patrick Zimmermann est un régal avec son air matois, son arrogance boulevardière, sa sous-ventrière avantageuse et ses œillades férocement cyniques. En (in)digne Monsieur Loyal de cette basse-cour des miracles il psalmodie la harangue « Toi, lève-toi mauvais chrétien » avec une faconde à la Galabru. La gouaille populacière du « Chant de la vanité » de ce maquignon des bas-fonds sur un air d’accordéon est un morceau d’anthologie. Une bête de scène qui trouve en Nicole Croisille, poissarde satisfaite, sa digne moitié.
Elle farde avec délectation la « Complainte de Mackie » de relents vaniteux à souhait. Elle a la gouaille savoureusement toxique, la mesquinerie cultivée comme une vertu, la méchanceté ordurière élevée au rang des beaux-arts. Les bougres font un duo d’enfer d’une gouleyante perversité dans « Au lieu de dormir bien gentiment ». Pas davantage l’ombre d’une réserve à l’endroit du Mackie d’Éric Perez, « petit Néron » cruel et violent, sans foi cela va de soi et sans autre loi que sa concupiscence et sa rapacité. L’animal n’a pas seulement la gueule de l’emploi. Il en a la voix : l’arrogance et la vindicte pour jouir d’un malicieux « Messieurs au lieu de prêcher l’abstinence » et l’énergie et la rouerie pour se délecter d’un narquois « De quoi l’homme vit-il… ». Jusqu’à brocarder « L’amour ça dure » dans le registre de haute-contre. Durée plurielle apprend à ses dépens Polly la tendre oie blanche vite déniaisée. Bouleversante dans le fameux « Navire des corsaires », Anandha passe ainsi de sa naïve et émouvante « Prière d’enfant » à la femme d’affaire sans scrupule qui n’hésite pas à sacrifier son Mackie avec des aigus assassins. Et la pamoison des saintes femmes au pied d’un Mackie crucifié vaut son pesant de félonie iconoclaste. Il fallait toute la force de conviction et le timbre bien trempé de Sarah Lazerges pour lui tenir tête avec sa Lucie volontaire, vocalement bien dotée et investie en femme trahie. Flore Boixel, jolie Jenny, remplit son contrat sans démériter face à ses solides partenaires.
Forum Opéra - Roland Duclos - 28 novembre 2015


Espace Mitterrand, Figeac
  • samedi 23 juillet 21h30
  • vendredi 29 juillet 21h45
  • lundi 01 août 21h30

Durée indicative : 2h20


Tarif A
pleinréduit / bleuvertjeunes
série 136302610
série 223191610
série 316131110

Abonnement Bleu : de 4 à 7 spectacles différents par personne.
Abonnement Vert : à partir de 8 spectacles différents par personne.
Tarif réduit : demandeur d’emploi, groupe à partir de 10 personnes. Tarif jeune : moins de 18 ans, étudiant de moins de 25 ans.
Un abonné du festival de Saint-Céré bénéficie du tarif réduit/bleu sur les spectacles du festival de Figeac.

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