Fidelio, chef-d’œuvre visionnaire et unique opéra de Beethoven, renaîtra l'été prochain dans une mise en scène immersive inédite au Château de Castelnau-Bretenoux.
Après les opéras Carmen et Tosca, présentés au Festival de Saint-Céré en 2023 et 2024, le Théâtre Impérial – Opéra de Compiègne poursuit son exploration des grandes figures féminines avec Léonore alias Fidelio, dans un sublime hymne à la liberté. Présentée pour la toute première fois, la mise en scène de Pauline Laidet proposera au public de vivre une expérience scénique d’une intense proximité avec les artistes. Sous la direction de Gabriel Pidoux, neuf solistes de l’Ensemble Le Chapitre – octuor à vent et contrebasse – et sept chanteur·euses donneront vie à ce drame humaniste. Dans l’enceinte du château, des dizaines de cellules ouvertes, mouvantes, tisseront un univers où ténèbres et lumière, prison et liberté s’entrelacent, tout en dessinant le parcours courageux de Léonore, incarnée par l’incomparable Margaux Poguet. Entre intimité et souffle dramatique, éclat et ombre, cette création résonnera comme un appel vibrant à la justice, à l’amour et à la liberté.
•
L'Argument
Léonore s’est déguisée en homme et s’est présentée sous le nom de Fidelio pour se faire engager comme aide-geôlier dans la prison où son mari Florestan est injustement incarcéré sur ordre du cruel Don Pizarro. Dans cette périlleuse entreprise, Fidelio a suscité l’amour de Marcelline, la fille du geôlier qui repousse maintenant son fiancé. La courageuse et persévérante épouse parviendra à sauver son mari de la mort que lui réserve Pizarro, son ennemi politique dont la traîtrise sera mise à jour.
Florestan, un aristocrate espagnol, est prisonnier au secret sur ordre de Don Pizarro, le cruel gouverneur d’une prison d’État. Afin de le libérer, sa femme Léonore se déguise en homme sous le nom de Fidelio et vient travailler à la prison. Elle séduit, à son corps défendant, Marcelline, qui obtient de son père, le geôlier Rocco, de l’épouser. Pizarro redoute une inspection du ministre du roi, Don Fernando, qui soupçonne les abus de pouvoir du sinistre gouverneur. Il ordonne alors à Rocco, qui refuse, de tuer Florestan. Suppliante, Léonore-Fidelio obtient du geôlier de l’accompagner dans le cachot.
Lorsque Pizarro descend dans la cellule pour tuer Florestan, Léonore se dévoile, s’interpose et menace le tyran. Sur ces entrefaites, le bon ministre Fernando arrive, sauve Florestan, châtie Pizzaro et libère les prisonniers qui, dans une grandiose scène finale, entonnent avec le peuple, un hymne de réjouissance.
•
Note d'intention | Pauline Laidet
Une figure féminine puissante et émancipatrice
"[...] Fidelio doit nous émouvoir à la fois par la musique bien-sûr mais aussi par la force des personnages et notamment par cette figure féminine d’une modernité incroyable : Léonore [...]. La force de ce livret réside dans le fait de placer face à face deux figures contraires qui s’affrontent jusqu’à déjouer l’ordre d’un pouvoir abusif par la puissance de l’amour. Pizarro est la part d’ombre de l’humanité, il est le tyran qui veille à ses intérêts en supprimant tous ceux qui entravent son chemin. Léonore est l’incarnation de l’humanisme et du courage.
Monter Fidelio aujourd’hui est évidemment troublant tant les thématiques semblent proposer des résonances avec notre monde d’aujourd’hui. Je proposerai une adaptation du livret pour le resserrer et faire en sorte que les enjeux de chacun des personnages soient davantage entendus, rendant le texte – notamment le texte parlé – plus saillant, afin de créer une ligne dramaturgique claire, portant l’émotion de l’œuvre. C’est bien cet endroit d’émotion que je veux chercher. Que nous puissions vivre à travers le parcours courageux de Léonore - Fidelio, un acte de quête de justice. Un acte émancipateur, puisqu’elle fait le choix de s’extraire de sa condition féminine qui l’empêche de retrouver l’homme qu’elle aime pour rétablir la justice [...].
Fidelio est à la fois une œuvre qui s’empare de sujets très intenses tout en proposant des moments de grande comédie. Là aussi, Beethoven s’amuse à jouer des contrastes. La mise en scène sera porteuse de ces différentes couleurs. La particularité de cet opéra est qu’il alterne voix parlée et voix chantée. La place du théâtre et de l’interprétation est donc très importante. Je veux créer un suspens autour de ce projet d’une grande audace que mène Léonore : va-t-elle réussir à accéder au cachot avant que son Florestan ne soit tué ? Comment vont réagir les autres personnages quand ils vont découvrir la réelle identité de Fidelio ?
Production Théâtre Impérial - Opéra de Compiègne • Coproduction ScénOgraph, Scène Conventionnée d’Intérêt National – Art & Création
© Loran Chourrau
Distribution
- Opéra de : Ludwig Van Beethoven
- Direction musicale : Gabriel Pidoux
- Mise en scène : Pauline Laidet
- Scénographie et lumières : Antoine Franchet
- Costumes : Aude Desigaux
- Ensemble : Le Chapitre
- Direction artistique de production : Éric Rouchaud
- Léonore : Margaux Poguet
- Florestan : Thomas Bettinger
- Don Pizarro : Christian Hemler
- Rocco : Jean-Vincent Blot
- Don Fernando : Romain Dayez
- Marcelline : Marie Lombard
- Jaquino : Yoann Le Lan

